Décédé le novembre
Mort de deux adolescents, le 25 novembre, à Villiers-le-Bel, ranime le spectre des émeutes de 2005. Même si cette commune du Val-d'Oise ressemble peu aux cités bunkers de la périphérie parisienne.
Elles ont débarqué au collège les bras chargés de photos. Sur l'un de ces clichés, Moushin, 15 ans, sourit à la vie, grimpé sur un chameau, durant ses vacances en Algérie. "Chamoo", c'était son surnom, parce qu'il se tenait toujours un peu voûté. Les deux copines l'adoraient. La veille de l'accident, il avait même proposé à Zora de l'épouser. Il roulait des épaules : "Je suis un sacré BG, non ?" Un beau gosse, oui. Et Larami, 16 ans, aussi.
Les deux lascars avaient leur public. Si, ce lundi, Zora et Elodie sont venues frapper à la porte de la salle des profs du collège Martin-Luther-King, à Villiers-le-Bel, c'est pour faire des photocopies. Accrocher leurs portraits partout. Pour que personne ne les oublie. « Quitte à mourir, je m'en fous, mais on va les venger », lâche Zora, une brindille de 40 kilos, à la voix métallique et aux yeux mouillés. Au-dessus de la pile, la photo est déjà barrée de la mention « Mort pour rien ».
A peine vingt-quatre heures après le décès des deux adolescents, heurtés par une voiture de police alors qu'ils circulaient sur une moto dans le quartier de la ZAC, le scénario semble déjà sur des rails : le spectre de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) - où avaient débuté les émeutes de 2005 - rôde sur cette petite ville du Val-d'Oise (26 000 habitants), mi-banlieue dortoir, mi-village bucolique, dernière station de RER avant les champs de betteraves...
Mortelle collision
L'enquête sur la mort des deux adolescents privilégie l'hypothèse d'un dramatique accident de la circulation. Une version contestée par de nombreux jeunes du quartier de la ZAC.
Dimanche 25 novembre, dans l'après-midi, une voiture de police patrouille dans la cité. A 17 h 10, au niveau d'une intersection, une moto de cross de petite cylindrée, une Kawasaki non homologuée, serait arrivée très rapidement et aurait percuté le véhicule à l'avant gauche. Ejectés, le conducteur et son passager, non casqués, ont été tués. Trois témoins auraient confirmé cette version devant les enquêteurs de l'IGPN, la police des polices. D'autres ont insisté auprès des journalistes sur la lenteur des secours.
Il semble que les trois fonctionnaires impliqués aient lancé un message radio et aient été « exfiltrés » à l'arrivée de leurs collègues. Le commissaire de permanence a été roué de coups peu après son arrivée sur les lieux. Il souffre de fractures au nez et aux côtes. Au total, une quarantaine de policiers et de pompiers ont été blessés dans la soirée de dimanche.
Mortelle collision
L'enquête sur la mort des deux adolescents privilégie l'hypothèse d'un dramatique accident de la circulation. Une version contestée par de nombreux jeunes du quartier de la ZAC.
Dimanche 25 novembre, dans l'après-midi, une voiture de police patrouille dans la cité. A 17 h 10, au niveau d'une intersection, une moto de cross de petite cylindrée, une Kawasaki non homologuée, serait arrivée très rapidement et aurait percuté le véhicule à l'avant gauche. Ejectés, le conducteur et son passager, non casqués, ont été tués. Trois témoins auraient confirmé cette version devant les enquêteurs de l'IGPN, la police des polices. D'autres ont insisté auprès des journalistes sur la lenteur des secours.
Il semble que les trois fonctionnaires impliqués aient lancé un message radio et aient été « exfiltrés » à l'arrivée de leurs collègues. Le commissaire de permanence a été roué de coups peu après son arrivée sur les lieux. Il souffre de fractures au nez et aux côtes. Au total, une quarantaine de policiers et de pompiers ont été blessés dans la soirée de dimanche.
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